Lorsque nous parlons de décrochage scolaire, nous y associons souvent l’échec scolaire. Les causes du décrochage scolaire ou de l’abandon scolaire sont variées. Il n’y a pas de cause unique. Certaines sont liées au jeune ou à la famille, d’autres à l’école ou encore à l’environnement (milieux de vie).
Nous remarquons donc qu’il y a deux types de facteurs : les facteurs internes et les facteurs externes. Les facteurs internes sont ceux relatifs aux jeunes tandis que les facteurs externes sont ceux relatifs aux milieux familial, social et scolaire. Ces deux types de facteurs interagissent et peuvent amener le jeune à décrocher.
Les facteurs reliés aux jeunes
Les causes reliées à l’élève peuvent prendre différentes formes : isolement, repli sur soi, oisiveté, comportements antisociaux, délinquance, violence verbale et physique, toxicomanie etc. sont des symptômes observables d’inadaptation sociale. Parmi les facteurs internes reliés au jeune on trouve :
Les difficultés d’apprentissage :
- La dyslexie (trouble d’apprentissage de la lecture).
- La dysorthographie (trouble d’apprentissage de l’orthographe).
- La dyscalculie (trouble d’apprentissage des éléments de calculs).
- La dysgraphie (trouble de l’écriture).
- La déficience intellectuelle.
- Les déficiences physiques.
- Le refus scolaire (attitude de rêveur, lunatique, école buissonnière).
- L’inhibition scolaire (absence du désir d’apprendre).
- Le désintérêt scolaire (beaucoup de jeunes ne voient pas la nécessité de ce qui leur est enseigné et sentent qu’ils n’ont pas de place à l’intérieur des structures scolaires) ;
Un handicap socioculturel tel que :
- La famille défavorisée.
- Des pratiques culturelles familiales.
- Des conditions économiques (coût des études vs temps vs travail).
- Des situations psychoaffectives particulières.
Pour certains jeunes, quitter le milieu scolaire est une libération. Certains se sentent enfin autonomes et croient faire partie du « monde des adultes ». Pour d’autres, l’abandon des études est vécu comme un échec personnel. Ces jeunes ne croient plus avoir le potentiel nécessaire pour rencontrer les exigences sociales. Enfin, certains jeunes vivent leur décrochage sous un mode ambivalent, c’est-à-dire qu’ils se sentent libérés tout en se percevant comme des incapables.
Les facteurs reliés à la famille
En ce qui a trait à l’influence de la famille, trois groupes familiaux à risque ont été identifiés dans le cadre d’une analyse.
Le groupe à risque élevé est formé des jeunes faisant partie d’une ou de plusieurs des catégories suivantes : enfants à charge ; jamais mariés ; handicapés ; ne vivant pas avec leurs parents ; membres de familles monoparentales dont le parent n’a pas de DES ; membres de familles biparentales dont le père ne travaille pas et la mère ne travaille pas ; membres de familles biparentales dans lesquelles le niveau de scolarité du père n’est pas connu.
Le groupe présentant un risque moyen est formé de jeunes provenant de familles biparentales dont les deux parents ont au moins un DES et de jeunes provenant de familles biparentales dont le père occupe un poste de gestion, une profession libérale ou un poste technique.
Enfin, le groupe à risque faible est formé de familles dirigées par un seul parent ayant un niveau de scolarité élevé ou deux parents dont au moins un n’a pas de DES.
Les facteurs reliés à l’école
Les causes associées à l’école font quant à elle référence :
- À des variables liées à l’institution scolaire (les structures scolaires de même que l’inadéquation entre les attentes des jeunes et le contenu des cours) .
- Au redoublement .
- À la phobie scolaire .
- Aux enfants précoces.
Les facteurs reliés à l’environnement social
À l’adolescence, le réseau d’amis est important et influence la décision d’abandonner les études. Les jeunes qui décrochent ont moins d’amis qui accordent de l’importance à l’école que ceux qui persévèrent.
Parmi les facteurs externes, d’autres causes sont aussi observables : l’effet de la mode et de la publicité sur les valeurs de consommation des jeunes et l’attrait de la recherche de revenus.
Exemples de facteurs personnels associés à l’abandon scolaire
Petite enfance : Retards ou problèmes de développement (langage, habiletés sociales, psychomotricité, etc.)
Élèves du primaire : Retards ou troubles d’apprentissage, faibles habiletés sociales, etc.
Élèves du secondaire : Perception négative de sa capacité d’apprendre (habiletés cognitives), faibles aspirations scolaires et professionnelles, etc.
Étudiants du cégep : Indécision vocationnelle et changement de programme, conditions socioéconomiques difficiles, etc.
Étudiants à l’université : Faible engagement dans les études, difficultés à concilier études et travail rémunéré, etc.
Une autre typologie de détermination des facteurs engendrant le décrochage scolaire
D’autres chercheurs, Audas et Willms, définissent trois groupes de facteurs interdépendants, soit le rendement scolaire, le comportement et l’engagement. Pour certains de ces facteurs, comme par exemple le statut socioéconomique de la famille (revenu, niveau de scolarité et emploi des parents), il n’est pas possible d’agir. Au niveau suivant se trouvent la famille, l’école, le quartier et la collectivité, des variables sur lesquelles il est possible d’intervenir au moyen de mesures stratégiques.